Le trésor de Pouilly-sur-Meuse

Françoise MAUCOLIN, dimanche 22 avril 2012 - 19:17:00




Le trésor de Pouilly-sur-Meuse expose au musée Lorrain de Nancy
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Classées trésor national par arrêté du 27 avril 2009, les 31 pièces d'orfèvrerie de la Renaissance (XVe-XVIe siècles) rejoindront les collections du Musée Lorrain de Nancy, après leur exposition chez Sotheby's à Paris.

Le trésor de Pouilly-sur-Meuse a été mis au jour le 11 novembre 2006 lors de travaux de déblaiement dans un jardin privé. Il comprend notamment trois coupes, une aiguière, 21 cuillères, deux timbales et un couvercle formant un gobelet emboîtable. Le tout est daté d'une période allant de 1480 à 1570. Ces pièces sont marquées aux poinçons de quatre villes : Châlons-en-Champagne, Reims, Paris et Strasbourg.

Toutes les pièces sont soit en vermeil soit en partie dorées. La pièce principale de cet ensemble est une aiguière couverte en vermeil avec traces d'émail, au poinçon de Paris, que l'on peut dater d’avant 1507. Il s'agit, selon Sotheby's, de la plus ancienne aiguière parisienne répertoriée à ce jour.

L’inventeur du trésor, âgé d'une cinquantaine d'années, vit à Pouilly-sur-Meuse, dans une propriété qui donne sur la Meuse ombreuse. Il est resté discret depuis sa découverte réalisée fortuitement en creusant sa fosse septique. Sa discrétion n'a d'égale que sa chance. A Pouilly-sur-Meuse, personne, ou presque, n'était au courant de la formidable découverte.

Ce trésor rejoindra les collections du Musée Lorrain à Nancy. Conservatrice en chef, Francine Roze, est sur un petit nuage. Elle assure que « c'est le plus beau cadeau de Saint Nicolas que l'on puisse imaginer pour les Lorrains ».

Le député Laurent Hénart a finalisé une opération qui ne devrait coûter que 80.000 € à Nancy. Dans le détail, le montage financier qui a permis l'achat du trésor de Pouilly, s'appuie sur un investissement de l'Etat de 450.000 €, de la Région Lorraine pour 210.000 €, de la ville de Nancy pour 80.000 €, de la Société d'Histoire lorraine pour 40.000 € et d'un mécène semi-privé pour 620.000 €.

Source : l’Est Républicain du 04.11.09




La découverte d'un trésor peut se faire dans certaines conditions :

Si le trésor est trouvé fortuitement dans votre jardin, vous en êtes propriétaire, tout ce qui est en dessous de votre propriété vous appartient, même à un kilomètre sous terre, s'il y a du pétrole, c'est à vous ! Mais vous êtes obligé de faire la déclaration de cette trouvaille. Votre maire doit en informer les instances compétentes.

Si en revanche, vous trouvez un trésor en le cherchant, que vous sondez un terrain, qu'il soit à vous ou non, avec une poêle à frire, vous êtes hors-la-loi et passible d'une amende.

Si la découverte fortuite se fait sur un chemin communal, la propriété revient pour moitié à l'inventeur, [c'est ainsi qu'on appelle les découvreurs] et pour moitié à la commune.

Ce trésor à Pouilly-sur-Meuse, a été trouvé fortuitement chez un particulier. Il a tout exhumé, pensant d'abord être tombé sur des boîtes de conserves, puis en continuant à creuser il est tombé sur des objets travaillés et soigneusement rangés.
La personne qui avait enfoui l'ensemble y avait pris le plus grand soin, même s'il ne restait pas trace d'une boîte, tout nous porte à penser qu'ils étaient rangés dans un textile qui s'est désagrégé.
Vue la façon dont étaient rangés les objets, on pense qu'ils ont été cachés par quelqu'un qui y tenait. Après ça il a fallu négocier avec l'inventeur.

Heureusement, les institutions ont rapidement reconnu la rareté exceptionnelle de l'ensemble, il a été classé quasiment immédiatement monument historique pour le protéger Entrent en jeu les équipes de chercheurs qui ont travaillé là-dessus : une fois établi l'intérêt considérable ethnologique et artistique de cette découverte, les informations furent transmises à une équipe spécialisée dans l'orfèvrerie de la Renaissance dans laquelle, heureux hasard, on trouve Maxence Hermant, qui fait une thèse de doctorat sur les familles de Châlons au XVIème siècle.

Dans les pièces du trésor, certaines sont frappées du poinçon de Châlons-en-Champagne, aussi, Maxence Hermant a pu confronter la graphie des noms qu'il connaît à partir des documents d'archives, un seul nom pouvait être commun aux objets du trésor et à ses documents : Bechefer ! Le croisement des recherches historiques, paléographiques et artistiques a permis de remonter aux propriétaires L'étude des poinçons et des styles a permis de conclure que l'ensemble a été constitué sur trois générations du XVème au XVIème.

On sait qu'une partie de la famille Bechefer, quand la « Réforme » est arrivée en France, a embrassé la foi protestante A partir du milieu du XVIème, la France est en pleine guerre de religions et en Lorraine, Charles III appliquait une politique catholique stricte interdisant toute installation de communautés protestantes dans ses duchés. Après la St Barthélémy [24 août 1572], les choses se sont durcies, le culte protestant a été en particulier interdit à Châlons.
La famille Bechefer, a certainement dû fuir, où, on ne sait pas. En tout cas, quelque part entre 1587 et 1591, donc au plus fort des guerres entre Charles III, allié des Guise et les troupes de protestants de Condé, s'est retrouvé là un Bechefer. Et il était à Pouilly, entre Stenay et Jametz, qui étaient en proie à des sièges violents à ce moment-là. Il a dû prendre peur. On suppose qu'il a caché ses biens précieux avant de partir. Voilà comment, peut être le trésor a été enfoui.



Le 16 février, Frédéric Mitterrand a présenté le Trésor de Pouilly-sur-Meuse, un ensemble exceptionnel d'orfèvrerie française réalisé entre 1480 et 1570, acquis par la Ville de Nancy, pour le musée Lorrain.






Un trésor dans un jardin.
Un ensemble exceptionnel d'orfèvrerie française, le Trésor de Pouilly-sur-Meuse, acquis par la Ville de Nancy, pour le musée Lorrain a été présenté le 16 février par Frédéric Mitterrand. L'ensemble de pièces d'orfèvrerie française réalisé entre 1480 et 1570 a été découvert fortuitement en novembre 2006 à Pouilly-sur-Meuse par deux particuliers lors de travaux dans un jardin privé. Il est composé de gobelets, salières et de séries de cuillères en argent et vermeil. L'une des pièces majeures est une aiguière couverte, marquée au poinçon de Paris et datée vers 1480. Probablement enfoui entre 1570 et 1580 pour des raisons inconnues, ce trésor est dans un état de conservation remarquable.

Un ensemble rarissime.
Les 31 pièces d’orfèvrerie découvertes à Pouilly-sur-Meuse était naturellement destinées à rejoindre les collections du Musée Lorrain (même si aucune n’est originaire de Lorraine) Leur qualité esthétique se double d’un évident intérêt historique, comme témoignage des usages de la table dans une famille aisée de la Renaissance en Lorraine.

Un aussi riche ensemble d'orfèvrerie civile, notamment les séries de cuillères, est de la plus grande rareté. Fort peu d'objets en métal précieux à usage domestique de cette époque (et plus généralement de l’Ancien Régime) sont parvenus jusqu’à nous. Les ensembles sont encore plus rares.

Un mécénat exemplaire.
L’ensemble découvert à Pouilly-sur-Meuse, présenté devant la Commission consultative des trésors nationaux, a reçu la qualification d'Oeuvre d'Intérêt Patrimonial Majeur, lui permettant ainsi de bénéficier des dispositions relatives au mécénat fiscal d'entreprise.

L’acquisition de ce trésor par le musée Lorrain a été rendue possible grâce au concours de l’Etat (fonds du patrimoine), au mécénat d'entreprise CNP Assurances, aux contributions du Conseil régional de Lorraine, de la Ville de Nancy, de la Société d'histoire de la Lorraine, et enfin grâce à l’action de la Société Sotheby’s.

Le Musée Lorrain.
Installé dans le Palais ducal, dont les parties les plus anciennes remontent au XVIème siècle, le Musée Lorrain propose aux visiteurs un cheminement chronologique autour des principaux témoins de l’histoire culturelle et artistique de la Lorraine de la préhistoire au XXe siècle. Depuis 2000, un vaste projet de rénovation et de restructuration associe la Ville de Nancy, la Société d’Histoire de la Lorraine et du Musée Lorrain, l’Etat et la Région Lorraine. L’ouverture d’une première partie du musée rénové est prévu pour 2013.






Article proposé par Françoise MAUCOLIN





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